Chacun de nous deux reprend un rythme. Marie a trouvé un boulot et commence pour de bon mardi (lundi est un jour férié ici) et je vais trois fois par semaine suivre des cours de grec. On s'amuse comme des gamins de cinq ans à lire tous les panneaux que l'on croise sur notre chemin. Ce n'est pas gagné mais on progresse. Je commence également à avoir du travail à réaliser pour la fac, même si je n'ai pas encore pu rencontrer tous mes profs et si ma liste de cours n'est pas fixée.
Hier, nous avons voulu profiter du temps un peu plus clément que celui de ces dernières semaines pour sortir d'Athènes et découvrir la campagne grecque. Le réveil était fixé à 9h mais aucun de nous deux ne l'a entendu. Résultat : debouts à 10h30. Le temps de se préparer et nous étions à midi à la (petite) gare d'Athènes. Direction Corinthe, une petite ville de 33000 habitants, à 80 km à l'ouest d'Athènes, à la limite entre le Péloponnèse et l'Attique. Une heure de train plus tard, nous débarquons, au milieu de nulle part, à 3 km du centre. Le dernier bus étant parti, nous prenons le taxi pour nous rendre en ville. Il y a quelque chose d'étrange à la périphérie des villes grecques. A côté de bâtiments flambants neufs, on peut en trouver d'autres qui ne sont pas achevés, comme si les ouvriers avaient commencé la construction à un endroit, s'étaient dit « Tiens ! Si on recommençait 50m plus loin ? » et l'avaient fait. Tout autour, des friches, des déchets, des transfos électriques. Rien qui ne donne envie en somme.
Nous arrivons donc au centre de Corinthe, par la rue centrale. Tous les 20m sont disposés des enceintes qui balancent de la musique festive. Des fanions ornent toute la rue et des vendeurs d'accessoires de déguisement se partagent l'espace disponible. Ce week-end, c'était carnaval. Et le moins que l'on puisse dire est qu'il s'agit d'une grande fête ici. Nous avons fait le tour des quelques rues commerçantes pour trouver de quoi manger (Grand Dieu, ces souvlakis!). Nous nous sommes installés près du port pour manger tranquillement pendant que derrière nous, la foule s'amassait sur les bords de la grande rue. Notre festin achevé, nous nous sommes postés comme tout le monde, à attendre le défilé. Les gamins étaient déchaînés et se donnaient à cœur joie de se poursuivre les uns les autres en s'aspergeant de mousse. Le soleil était au rendez-vous, ce qui nous a ravi au passage. Ce n'est qu'une heure plus tard que commença le défilé. Et quel défilé ! Il faut croire que toute la ville s'était donnée rendez-vous ce jour là. Groupés par thèmes, des coqs, des chefs, des sorcières nous passèrent sous le nez, accompagnés de quelques chars. Le tout a dû durer une bonne heure mais nous ne sommes pas restés jusqu'à la fin.
Nous sommes partis nous balader au port, qui, il faut bien l'avouer, n'a rien de très sexy. Une piste pour vélo et rollers fraîchement bitumée était tracée, jusqu'à un terrain de basket pas très vieux. Ce qui, à nouveau, est étrange est que ces éléments semblaient tout à fait neuf alors qu'autour, tout était en friche, même pas une parcelle de gazon qui aurait pu passer pour entretenue. Après avoir pris un café, nous nous mîmes en route, à pied, pour la gare.
De retour à Athènes, nous nous sommes rendus à Psiri pour prendre l'apéro avant d'aller manger au resto. Quatre euros la pinte, voilà qui fait plaisir au gosier. C'était la première fois que nous passions une soirée dans ce quartier. L'animation était au rendez-vous, la rue était bondée. A l'occasion du repas, nous avons goûté notre première bouteille de vin grec. Même si elle ne valait pas un bon Bordeaux, son arôme n'en était pas moins subtil. Après une autre pinte dans un bar du même quartier, nous sommes rentrés à dos de troll à 2h30, plutôt ravis de notre journée... et avec le sentiment d'être encore un peu en vacances finalement.
(Quelques photos de Corinthe à découvrir)
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