dimanche 27 février 2011

Où est le soleil?

Comme nous avait prévenu la météo, le temps n'a pas franchement été agréable cette dernière semaine. Après un bon gros orage, à en faire trembler toutes les antennes et paraboles des toits athéniens, on a eu le droit à plusieurs jours de pluie et ce week end à un bon froid de canard (genre 8°C). Les Messins doivent bien rigoler vu que c'est la température qu'on a eu cet été en Lorraine ;) Mais bon l'année dernière on avait eu une semaine de folie, donc on ne s'attendait pas vraiment à ça, c'est pourquoi Seb a laissé son manteau d'hiver en France et que moi (on ne rigole pas les copines) je voulais absolument acheter des sandales avant de partir!

Bref hormis ces considérations météorologiques tout va bien. Notre vie à Athènes se poursuit tranquillement et sans cafard(s)!! Comme on attend le soleil pour aller voir du pays on a continué à traquer les rues athéniennes.
Seb a eu son premier cour de Grec vendredi, il aura 9h par semaine avec évaluation au bout. Il me transmet son savoir (un peu maigre pour l'instant) et on a donc l'impression d'être dans la peau d'un élève de CP qui entre dans la lecture et s'amuse à lire tout ce qui lui tombe sous la main.
Ce week end c'était la première session du carnaval. Mais on va bientôt le classer dans la liste des saint Graal avec les plans de bus et photomatons puisqu'on a rien vu du tout! Mais 2ème session la semaine prochaine et on compte bien arranger les choses en se levant plus tôt.
Aujourd'hui on est allé faire un tour au Pirée (le port d'Athènes) qui nous était encore inconnu. Comme on avait oublié notre (incontournable) guide du routard on s'est retrouvé à la sortie du métro face au port d'où partent tous les ferrys desservant les îles. Le froid et la faim qui nous tiraillait franchement l'estomac, ne nous ont pas rendu très positifs face à un paysage plutôt grisâtre et industriel. Après un bon quart d'heure de marche, on a fait demi tour car l'opportunité de nous poser dans un endroit sympa semblait plutôt impossible. D'après nos renseignements postérieurs on aurait du continuer pour trouver le second port - la marina - à l'opposé du premier.
On s'emparera donc du prochain rayon de soleil pour cette nouvelle conquête de la banlieue athénienne et pour s'arrêter sur une des plages aperçues dans le tram!

Sur ce nous vous souhaitons à tous une bonne semaine (καλή εβδομάδα), de vacances pour les uns et de dure labeur pour les autres..

mercredi 23 février 2011

Au pays des rencontres...


Voilà qui est fait : l'inscription est terminée, les cours choisis et tous les papiers signés. Les cours commencent lundi et seront donnés... En grec ! Autant vous dire tout de suite que mon niveau ne suit pas, aussi, d'après ma coordinatrice, j'aurai des dossiers ou mini-mémoires à rendre pour mon évaluation. Ce qui est gênant, c'est que je ne suivrai pas les cours et que donc j'aurai peu d'occasions de rencontrer mes collègues futurs psychologues grecs. En attendant je tente de contacter une fille autrichienne, Erasmus elle aussi, qui est également inscrite en psychologie, histoire d'échanger un peu en english avec quelqu'un.
Pour nos amis psychologues, j'ai également trouvé un demi-stage de 40h au total, auprès d'une psychologue... comportementaliste (j'entends d'ici vos « ouh ! » plein de haine). Dieu merci, elle est francophone et intervient au lycée français d'Athènes. Après un échange de mails au service des stages d'Angers, il paraît que je dois récupérer ma convention ici même, ce qui, à mon avis, ne va pas être simple. J'aurai peut-être ma petite revanche lorsque j'aurai le plaisir d'envoyer une convention rédigée en grec à Angers, j'imagine d'ici leur tête... Héhé !
Quant à Marie, elle a besoin d'un certificat médical pour pouvoir travailler. Nous nous sommes donc rendus chez un médecin francophone dont le cabinet se trouve à Kolonaki, le quartier chic d'Athènes. Combien vous dois-je pour la consultation ? 50 euros... Ah oui, quand même !

Aujourd'hui, jour de grève générale, nous sommes sortis pour nous balader dans un parc pas loin de la place Victoria. A peine avions-nous marché cent mètres que nous fûmes interpelés en grec par un type qui n'avait rien d'un gars méchant. Il recommence son speech en anglais. Il est étudiant en cinéma et cherche des personnes pour figurer dans un projet de roman-photo. Avons-nous le temps ? Rien ne presse donc on accepte volontiers. Lui, c'est Dimitris, voici Alex, Georges et une fille, qui parle un peu français, dont j'ai oublié le prénom. L'idée est qu'il y a un type mort, allongé sur le sol et que quelques personnes s'arrêtent autour de lui. Quelqu'un appelle les secours et un docteur intervient. Après le constat du décès, le médecin pose un drap sur le corps du défunt et nous invite tous à prier. Ensuite, prenant la pose d'un magicien le médecin soulève le drap et hop ! Des pigeons qui s'envolent. Bon, je sais, ca ne paraît pas palpitant mais on s'est bien poilé. Les passants s'arrêtaient, interloqués, certains demandant même si nous avions besoin d'aide. On passa une bonne heure à poser de différentes façons avant que la séance ne prenne fin. (voir la photo témoignant la "scene du crime")
Gentiment, Dimitris nous a proposé de nous offrir un café en guise de remerciement. Nous avons accepté et nous sommes allés prendre un verre dans un bar de la place Victoria. Il nous montre au passage certains bâtiments remarquables et surtout l'unique horloge de tout Athènes. Et oui, selon lui, il n'y a qu'un seul immeuble sur lequel est installée une horloge... Voilà peut-être la raison pour laquelle les grecs ne sont pas à l'heure;-) Il paraît plutôt cultivé. Il adore la France et aurait voulut y vivre sous Léon Blum ou en mai 68.
Bien installés autour de la table nous discutons, de la Grèce, de la France, de l'Europe, on compare. Ici, les gens ne respectent pas la loi nous dit-il et cela semble vraiment l'énerver. L'Europe ? C'est un sujet qui a l'air très discuté par ici. Les gens que nous avons pu rencontrer ne semblent plus y croire, en tout cas sous sa forme actuelle, économique et financière. Pourtant, ils espèrent beaucoup, mais pas cette Europe justement, une Europe humaine et lorsque je leur parle de sentiment européen chez les jeunes, ils sont d'accords, une certaine Europe existe de facto, au-delà du libre échange, qui s'accompagne d'une sorte de double identité : Européen et grec, européen et français. Bref, nous échangeons et cela est très enrichissant. On se rend compte qu'ailleurs, c'est toujours mieux, d'où que l'on vienne.
Nous nous quittons avec de larges sourires, d'aimables remerciements et l'espoir, si le destin le souhaite ainsi, de nous croiser à un coin de rue ou bien à une soirée. Des rencontres comme celles-là, vraies, directes, humaines tout simplement, on en reprendrait bien un peu chaque jour.

dimanche 20 février 2011

Athènes

Rassurez vous notre premier vrai week-end athénien n'a pas (uniquement) consisté à chasser le cafard!!

On a découvert de nouveaux visages de la capitale Grecque... Alors oui on en a plein les jambes de crapahuter de rue en rue, de quartier en quartier mais on a le sourire!

Athènes c'est une nouvelle ambiance à chaque coin de rue. En effet tour à tour on peut passer du quartier classe, glauque, branché, boisé, vivant, désert, underground et j'en passe... Les photos pourront témoigner!

Le soleil n'était pas présent ce week end... mais on compte bien compléter ce nouvel album plus tard!

samedi 19 février 2011

Au pays des cafards...

Bien bien bien... La journée avait si bien commencé! Le petit déj' était passé lorsque, confortablement installé dans le canapé, j'entendis un cri d'horreur provenant de la cuisine. Je sors de ma torpeur pour voler au secours de ma bien-aimée pétrifiée (eh oui, j'ai bien suivi vos recommandations, j'en prends soin...). Que vois-je? Trois bébettes à carapace et longues antennes crapahutant dans le tiroir. On ne les avait pas invitées mais elles semblaient tout de même très à l'aise. Et oui, vous l'aurez deviné, il s'agissait du meilleur ami de l'homme après sa carte bleue: un cafard. Irrésistible colocataire dont la visite imprévue fait sauter de joie ces fières demoiselles.

Résultat: on évacue les intrus et on se retape une heure de ménage dans la cuisine pour être sûr de ne pas inviter ses amis à s'installer. Au passage, on découvre une ancienne mine: pas loin d'une dizaine de bouteilles de bières vides, heureusement refermées, au fond d'un placard. On déplace le four, les frigos (ouais, je sais, il y en a deux dont un vide, va savoir pourquoi) et on récure tout. Marie glane quelques informations sur la toile, on met au point quelques stratégies si la méthode diplomatique échoue: glu avec de la farine et autres recettes à mémé. Après une bonne douche, nous sortons, priant le ciel et toute autre force surnaturelle que cet incident ne se reproduise pas.

Quelques heures plus tard, à notre retour, notre premier geste est d'examiner le fameux tiroir... Horreur! Un gros fa-fard et ses trois petits! Aurions-nous sacrifié un enfant fa-fard que sa mère tenterait désespérément de retrouver? Grâce à mon incroyable dextérité (aïe ma cheville), je noie les trois petits (héhé... la sélection naturelle, les plus faibles partent en premier) mais la mère m'échappe... Ouh tu vas voir c'que tu vas voir! Armé d'un magnifique gant en latex, je fais une fouille corporelle au lavabo pour m'apercevoir qu'il y a un espace entre la faïence et le mur, un espace qui doit être perçu par nos amis fa-fards comme un grand couloir vers la liberté. Néni! J'impose un contrôle aux frontières à l'aide d'une bombe prévue à cet effet... Quelques secondes auront suffit à faire sortir maman fa-fard de sa tanière, titubant sur le carrelage pour finalement s'immobiliser. Au moins la bombe est efficace!

Et depuis, force est de constater que la diplomatie a échouée et que la guerre est déclarée. Et je peux vous assurer qu'il n'y aura pas de quartier (ce cher Led Zep)! Il en sort un à peu près toutes les cinq minutes, me permettant au passage d'aiguiser et de diversifier mes techniques de chasse... Pour l'instant 8 ou 9 de nos amis fa-fards sont portés disparus, j'ose penser qu'ils ne manqueront à personne, n'est-ce pas?

Marie et Seb

Rapport d'immersion Erasmus : Jour 4.

Aujourd'hui, c'était premier contact avec la fac. Suivez le guide. Première étape : s'assurer de prendre le bus avant le début des grèves, ceci est très important parce qu'après, c'est le marathon. Direction l'arrêt le plus proche, cinq minutes d'attente et voilà le 608 à l'horizon. Blindé, comme souvent. J'ose à peine imaginer ce que ce sera lorsqu'il fera 30° à l'ombre... On traverse ce côté-ci de la ville, jusqu'au centre, jusqu'au quartier très chic et plein de flics des ambassades. Là le bus se vide, la population change. Fini les braves travailleurs, place aux grandes marques. On file direction Zografou, la banlieue Est d'Athènes. L'environnement change aussi. Plus de verdure, l'air y semble plus sain et on grimpe, on grimpe sur les hauteurs, la vue se dégage, laissant apparaître ces paysages si propres à la Grèce.
Trois quarts d'heure plus tard, terminus au campus, enfin aux portes du campus. Première impression : le site est chouette, très chouette. Situé au sommet d'un mont, la vue est dégagée tout autour, on fait face au mont Lycabette (pour ceux qui veulent voir à quoi cela ressemble, je n'ai qu'un conseil : google est ton ami!), on aperçoit toute l'étendue de la ville et au loin... La mer ! Autour des bâtiments, un immense parc sauvage parsemé d'arbres dont j'ignore le nom. C'est sûr, ca donne envie de squatter. A priori, on envie les étudiants grecs, ca paraît toujours plus sympa que Belle-Beille et ses tours.
Je tourne un peu le temps de trouver l'école de philosophie, la fac à laquelle je suis rattaché. Ca grimpe ! J'aurai mieux fait d'attendre un peu avant d'allumer une clope. Il fait chaud (20°), les étudiants semblent décontractés et je dirais à priori qu'il faut faire partie de la classe moyenne supérieure pour espérer étudier un jour (je sais, les apparences sont trompeuses, mais quand même). Je trouve finalement le bon bâtiment et j'entre par une petite porte à l'arrière. Le contraste est fort avec l'extérieur. L'immeuble est immense, mais vide, rien, nada... On entend l'écho des étudiants trois étages plus bas et cela résonne sur des murs rouges brique, nus. Dans la cour intérieure sont suspendus des centaines d'affiches anarchistes, donnant à l'ensemble un air de squat. En un mot : glauque.
Je me dirige au radar vers les voix que j'entends résonner, je cherche le secrétariat. Rien ne me facilite la tâche : tout est écrit en grec, l'immeuble semble avoir été construit comme un labyrinthe. J'arrive finalement au rez-de-chaussé, là où se trouvent les étudiants. Je me renseigne, deux étudiants ne parlent pas anglais, nouvelle tentative et lui me répond : peut-être au troisième, par là, en haut des escaliers. OK. J'avance, je monte jusqu'à ce qui pourrait ressembler à ce que je cherche. Je fais la queue, croisant les doigts pour que ce soit le bon bureau (mon niveau de grec ne m'aide pas vraiment à identifier le lieu où je me trouve). Lorsque mon tour vient, je tente l'anglais. La fille ne comprend rien, alors « Erasmus ». Bingo ! Elle me regarde et répond : « Erasmus ? » Je fais oui de la tête. Elle me fait rentrer dans un bureau, me redemande « Erasmus ? » Trois fois oui, je vais pas changer d'avis ! Au bout de dix minutes se pointe la seule personne du bureau qui parle un peu anglais. On commence la paperasse... et devinez quoi ? C'est encore le bordel, trois bureaux et trois personnes me sont affectés, je me demande : « Ont-ils jamais vu un étudiant étranger ? » Je n'en ai pas l'impression. Un petit réconfort, j'ai droit à un grand sourire à chaque fois qu'une étudiante entre dans le bureau, l'attrait de l'exotisme certainement... Je ressors une heure plus tard avec des papiers, un autre bureau à aller voir à l'autre bout de la ville et aucune information si ce n'est l'adresse mail de ma coordinatrice. On progresse, même si c'est à petits pas... Bientôt je saurais peut-être quand les cours commencent. En attendant, c'est toujours un peu les vacances.
Mercredi soir, à la soirée Erasmus, j'ai revu « Miss psychology » (j'ignore son nom). Elle devrait être avec moi en psychologie et paraissait désemparée : aucune information, si ce n'est que les cours seront en grec et toujours pas de liste de cours... Elle me dit : « Je peux écrire en français, espagnol, allemand et anglais, mais pas en grec ! » Ah ouais... On se sent tout à fait nul en langues face à tous ces multilingues...
Rendez-vous mardi pour la suite...

vendredi 18 février 2011

2ème soirée Erasmus

Mercredi matin, Seb devait aller s’inscrire à la fac. Disons qu’entre les grèves de bus et les horaires du secrétariat c’était le 1er moment possible… mais il a fait « sa Marie » il est parti et revenu au bout d’une demi heure car il avait oublié ses photos d’identité. Du coup c’était plus possible d’aller à la fac comme la grève commençait à 11h !

Tant pis ce sera pour vendredi et moi j’étais contente de passer la journée avec lui du coup !

Il m’a donc accompagnée dans ma virée au consulat ! Là on a attendu une bonne demi-heure. Puis j’ai demandé à la nana quelles étaient les démarches à faire pour officialiser notre appart et un éventuel futur job.
Elle m’a alors regardée avec un grand sourire, genre : « no stress, on est à Athènes!! »Ce n’est pas nécessaire de nous « déclarer » habitant en Grèce sauf si on le désire. Et pour le job si j’en trouve un c’est mon employeur qui me dirigera vers les autorités compétentes.

Finalement on s’est donc baladé autour du jardin national et de la place centrale d’Athènes « Syndagma ».

En fin d’après-midi, on avait rendez-vous avec « Magda » la marraine Erasmus de Seb. On l’a donc retrouvée près du centre pour un petit café ! Très sympa elle parle parfaitement français ce qui fait du bien car il est plus facile d’avoir une vraie conversation. Elle a fait un Erasmus à Tours l’année dernière. Au bout d’un semestre en France elle est quasi bilingue, je doute que ce soit la même chose pour nous dans 5 mois ;) On a donc bavardé pendant 1h1/2 et on sera certainement amené à se revoir prochainement autour d’un verre puisqu’on a enfin trouvé quelqu’un qui aime notre petit quartier fétiche « Exarchia ! »

Ensuite 2ème soirée Erasmus. On se retrouve tous à l’arrêt de métro : Puis direction la « Taberna »… Un long escalier tout en colimaçon et on arrive dans une salle avec plein de tables. On s’installe à une table où il reste de la place. Une italienne à ma droite et on retrouve une autrichienne rencontrée le 1er soir « Anna ». Ce soir c’est dégustation de plats grecs, musiques et danses traditionnelles « le fameux sirtaki » Hormis l’ambiance un peu « club med » dont je ne raffole pas c’était plutôt sympa !

mardi 15 février 2011

Rapport d'immersion Erasmus: Jour 1.

Arrivée à 10h pétante devant le bâtiment principal de l'université d'Athènes : plutôt classe, entrée avec grandes colonnes couleur crème, donnant sur une petite place squattée par quelques sans papiers. Première question : que font tous ces gens avec des fleurs à la main qui attendent sur le perron ? Est-ce bien ici ? Une fille avec écrit en gros caractères « ERASMUS » me confirme que c'est bien le lieu de rendez-vous, m'invite à ma rendre dans la cour voir la prochaine fille portant le même t-shirt qui m'indiquera un couloir, et ainsi de suite jusqu'à l'auditorium. Je le demande, quand même, pour l'histoire des fleurs, réponse : c'est une remise de diplômes... Curieux, ca ressemblait plus à un enterrement...
Bon, j'entre donc dans l'auditorium et la première langue que j'entends est le français, comme à la maison. L'ambiance est feutrée, quelques-uns semblent être venus en groupe, d'autres s'isolent dans une rangée, les regards se croisent, se jaugent. Je me place tout en haut, histoire d'avoir une vue d'ensemble.
La responsable des relations internationales d'Athènes monte sur l'estrade, commence son speech en anglais : « Bienvenue, on vous souhaite de réussir, de passer de bon moments, etc. etc. » Ouf ! J'ai tout compris, almost bilingual ! Tout le monde applaudit, puis bis, mais cette fois en français. Tout le monde applaudit, puis ter, en allemand. On s'arrête là, les autres devraient avoir compris l'idée. On nous invite ensuite à se lever, pays par pays pour descendre chercher notre certificat d'inscription, accompagné d'un kit de survie grec : un sac bandoulière de l'université avec à l'intérieur : un guide de Grèce (pour compléter notre collection:-) ), une carte d'Athènes, de la Grèce et grand Dieu ! Une carte des transports en communs, un Saint Graal que nous avions cherché tout le week-end sans pouvoir mettre la main dessus. S'y trouvait également un cahier spiralé plutôt classe et quelques papiers administratifs. Côté informations : nada, si tu veux en savoir plus, faut te diriger vers ta fac, là ils te renseigneront. Au passage, faut pas manquer la plage horaire : secrétariats ouverts un jour sur deux de 11 à 14h. J'irai donc y faire un tour mercredi.
Les personnes de l'association erasmus d'Athènes nous attendent à la sortie, nous proposent une carte d'adhérent et toute une semaine de soirées pour se connaître les uns les autres. Chacun se pose où il peut pour remplir la fiche de renseignements, j'engage la conversation avec ma voisine, qui se révèle être française. D'où viens-tu ? Angers. Toi aussi ? Yep, de Belle-Beille. Moi aussi ! Le monde est décidément très petit. Elle s'appelle Agathe. Il se trouve qu'Agathe n'a pas d'argent sur elle pour la carte, moi je n'ai pas de photo d'identité (on a cherché un photomaton tout le week-end, sans succès, après enquête, il devrait en rester un quelque part dans Athènes... Légende urbaine que personne n'a pu confirmer). Une autre française n'a pas non plus de photo. Résultat : on part à trois en expédition, une cherche un distributeur, les deux autres une boutique de photos.
On sort et on trouve notre boutique à 50 mètres. « Is it possible to take pictures ? » Le type nous regarde, on sent quelque chose pédaler dans sa tête et puis non, rien ne sort. Quelques mîmes plus tard, ils nous fait un signe de la tête : oui. « How much ? » Mîme de l'argent et réponse : 20 euros les 5. Rien que ça ? Agathe nous propose d'aller voir à Omonia, là où elle a fait faire ses photos, il paraît que c'est moins cher. On se rend donc à Omonia, on discute en route. Agathe est en lettres modernes, elle va suivre des cours donnés en français. L'autre fille, Orlane, est en droit et a des cafards dans sa coloc, elle déménage aujourd'hui. On arrive dans la boutique, 6 euros les 8 photos, plutôt intéressant donc yep, on y va. La vendeuse tire un store blanc en plein milieu, sort un trépier, un appareil photo numérique. Au final ça rend bien. On retourne à l'université faire nos cartes avant de nous séparer. Je rentre à l'appart rejoindre Marie.

Nous n'avons pas encore terminé de manger que Michel, notre proprio se pointe. Quelqu'un doit venir installer internet dans l'après-midi, il s'installe, comme gêné, comme si nous étions réellement chez nous, ce qui nous surprend mais nous satisfait en même temps. La conversation commence banalement, sur le temps qu'il fait, les grèves prévues (pas du tout de transport en commun aujourd'hui). On enchaîne ensuite sur la Grèce, l'Europe. Ça semble être vraiment la merde ici, plus de boulot, et tout augmente sauf les salaires. Un petit exemple : début février, le prix des transports a augmenté, le ticket semaine est passé de 10 à 14 euros, d'un coup, et c'est la même chose pour l'électricité, le pétrole, la bouffe, les clopes, etc. L'Europe est-elle en échec ? Me demande-t-il. D'un côté, indéniablement, le seul côté que l'on a construit : l'édifice économique. Reste, j'espère, un sentiment européen qui est partagé par les peuples, sinon oui, l'Europe est foutue. Ici ce n'est pas l'extrême droite qui flambe aux élections, mais l'abstention, la solidarité, selon Michel, est en voie de disparition. A l'heure où chacun voit ses problèmes enfler, ceux des autres peuvent paraître superflus, et voilà comment monte un individualisme primaire qui, au final, ne rend service à personne. La seule issue semble être un soulèvement populaire, mais il paraît que le gouvernement a trouvé la parade : si le pays est en faillite, ce n'est pas la faute à une mauvaise gestion mais aux citoyens qui refuseraient de payer les impôts, les médias relaient le message et une bonne partie de la population se sentirait responsable, elle culpabilise et n'ose donc plus manifester son mécontentement. Pour résumer, c'est bien la merde et c'est pas près de s'améliorer.

Le soir, ce fut la première soirée erasmus organisée par l'ESN Kappa. Descente à la station de métro Monastiraki, en plein centre. Un groupe attend. On suit le mouvement jusqu'à un bar pas loin où la salle du premier a été spécialement réservée. Marie et moi nous installons en bout de table, à côté d'un groupe de français qui « ne donnent pas spécialement envie ». Nous nous sentons un peu seuls, personne ne s'assoit en face de nous. Finalement nous nous faisons délocaliser à l'autre bout de la salle, pour compléter une table de quatre, ce qui ne sera pas plus mal puisque nous nous sentons vite à l'aise avec nos voisins : une allemande qui est ici depuis le début de l'année et un groupe de quatre autrichiens fraîchement arrivés. Au menu de la soirée : un litre de rakomélo, une boisson alcoolisée typiquement grecque qui se boit chaude. C'est sucré, c'est doux et ca cogne le cervelet. Cela ressemble un peu au chouchen de nos amis bretons, en plus fort. L'allemande en face de moi enchaîne, nous ressert, se ressert, et ya mas ! (Et oui, on a enfin appris à trinquer à la grecque!) La salle s'enfume, les langues se délient et l'anglais est dans toutes les bouches, c'est la première épreuve. On nous sert un peu de bouffe : tomates, concombre, féta, mousse et bien-sur... de la barbaque ! Agneau grillé, boulettes de viandes, saucisses... Dieu que c'est bon ! Et pour rincer le gosier, ya'mas ! Un ch'ti vers de Rokamelo va ! Nous partons vers minuit, lorsque les cruches sont vides, alors que la soirée se transforme lentement mais surement en orgie. Ça hurle à tout va, chacun se lève. Ce soir, c'est également la soirée de départ des erasmus du premier semestre. Nous autres débutants leur laissons la place pour leur dernière danse. De toute manière, on ne se comprend plus, trop de bruit et pas assez de maîtrise en anglais pour décoder son interlocuteur... On marche légèrement ivre, heureux d'être là, remontant vers Syndagma pour prendre le trolley de nuit. Même à cette heure, il y a du monde, de la vie, du bordel, un joyeux bordel.

Sans que l'on sache pourquoi, le troll s'arrête entre deux arrêts pour nous laisser descendre, c'est un peu ça Athènes : beaucoup d'imprévus, un monde qui ne répond à aucune logique, un monde bouillonnant. Nous rentrons lessivés, satisfaits de notre grosse journée avec beaucoup de choses à écrire le lendemain...

Marie et Seb

dimanche 13 février 2011

En direct d'Athènes

Coucou tout le monde,

Petit débriefing à J+1. Hier soir complètement crevés alors on s’est contenté de télécharger quelques photos.
Notre voyage s’est très bien passé. L’avion décollait à 6h30 et on était à deux pas de l’aéroport. (merci Papa Blondeau) donc nickel. Pas de turbulence, et malgré les grèves annoncées un métro nous attendait pour nous emmener de l’aéroport à notre nouveau chez nous.
C’est donc chacun bien callés entre nos deux sacs à dos respectifs qu’on est sorti à « Kato Patisia », l’arrêt de métro le plus proche, le sourire aux lèvres. On a été confronté à l’esprit grec tout de suite : au bout de 2 secondes avec le nez en l’air et un plan dans les mains, on s’est fait à plusieurs reprises proposer de l’aide.
Malheureusement on a été un peu refroidi à la descente du métro par l’homme qui nous a indiqué le chemin. En effet il nous a dit « la Grèce n’a plus de gouvernement, faites attention, il n’y a plus de police vous pouvez vous faire voler vos affaires à tout moment. » Mais bon on a gardé le sourire !
On a trouvé l’appart sans souci. Immeuble sympathique, appart grand et clair. Le seul bémol étant l’état de propreté… Et dieu c’est qu’on n’est pas maniaque ! Mais là c’était une vraie porcherie…. Mais no comment on a pris les seaux, éponges et huile de coude. Ce n’était pas franchement ce qu’on attendait après une journée de voyage et peu de sommeil mais une fois la mission accomplie on se sentait chez nous.
Ce matin, le soleil brillait toujours autant quand on s’est réveillé. Réveil et petit déjeuner en douceur. Il fallait attendre l’électricien (pour la prise téléphone) entre 12h30 et 13h. Mais en Grèce on est loin du quart d’heure angevin il est donc arrivé à 14h !!
Puis reste de la journée on a joué nos touristes. On a déambulé plusieurs heures dans les rues Athéniennes dégustant quelques petites pâtisseries grecques.
Puis apéro à Exarchia notre quartier fétiche de l’an passé. Le bilan de la journée est donc très positif, on a repris nos marques… On constate effectivement que la vie est plus chère qu’il y a plus de misère et pas mal de manifs à droite à gauche. Mais on a bien retrouvé l’Athènes de nos souvenirs avec ses trottoirs abimés ;-), ses gens souriants, ses fous du volants mais personne pour voler toutes nos affaires ! (ouf !!)
A très vite,
Marie et Seb

jeudi 3 février 2011

J-8

Départ dans 8 jours... On est tous les deux officiellement en vacances!!

La tournée des "aurevoir" est donc entamée! Angers, Mamers, Tours, Paris...

On vit comme de vrais nomades... Il va falloir s'organiser pour boucler nos sacs à dos!

A très vite...

Marie et Seb