Aujourd'hui, c'était premier contact avec la fac. Suivez le guide. Première étape : s'assurer de prendre le bus avant le début des grèves, ceci est très important parce qu'après, c'est le marathon. Direction l'arrêt le plus proche, cinq minutes d'attente et voilà le 608 à l'horizon. Blindé, comme souvent. J'ose à peine imaginer ce que ce sera lorsqu'il fera 30° à l'ombre... On traverse ce côté-ci de la ville, jusqu'au centre, jusqu'au quartier très chic et plein de flics des ambassades. Là le bus se vide, la population change. Fini les braves travailleurs, place aux grandes marques. On file direction Zografou, la banlieue Est d'Athènes. L'environnement change aussi. Plus de verdure, l'air y semble plus sain et on grimpe, on grimpe sur les hauteurs, la vue se dégage, laissant apparaître ces paysages si propres à la Grèce.
Trois quarts d'heure plus tard, terminus au campus, enfin aux portes du campus. Première impression : le site est chouette, très chouette. Situé au sommet d'un mont, la vue est dégagée tout autour, on fait face au mont Lycabette (pour ceux qui veulent voir à quoi cela ressemble, je n'ai qu'un conseil : google est ton ami!), on aperçoit toute l'étendue de la ville et au loin... La mer ! Autour des bâtiments, un immense parc sauvage parsemé d'arbres dont j'ignore le nom. C'est sûr, ca donne envie de squatter. A priori, on envie les étudiants grecs, ca paraît toujours plus sympa que Belle-Beille et ses tours.
Je tourne un peu le temps de trouver l'école de philosophie, la fac à laquelle je suis rattaché. Ca grimpe ! J'aurai mieux fait d'attendre un peu avant d'allumer une clope. Il fait chaud (20°), les étudiants semblent décontractés et je dirais à priori qu'il faut faire partie de la classe moyenne supérieure pour espérer étudier un jour (je sais, les apparences sont trompeuses, mais quand même). Je trouve finalement le bon bâtiment et j'entre par une petite porte à l'arrière. Le contraste est fort avec l'extérieur. L'immeuble est immense, mais vide, rien, nada... On entend l'écho des étudiants trois étages plus bas et cela résonne sur des murs rouges brique, nus. Dans la cour intérieure sont suspendus des centaines d'affiches anarchistes, donnant à l'ensemble un air de squat. En un mot : glauque.
Je me dirige au radar vers les voix que j'entends résonner, je cherche le secrétariat. Rien ne me facilite la tâche : tout est écrit en grec, l'immeuble semble avoir été construit comme un labyrinthe. J'arrive finalement au rez-de-chaussé, là où se trouvent les étudiants. Je me renseigne, deux étudiants ne parlent pas anglais, nouvelle tentative et lui me répond : peut-être au troisième, par là, en haut des escaliers. OK. J'avance, je monte jusqu'à ce qui pourrait ressembler à ce que je cherche. Je fais la queue, croisant les doigts pour que ce soit le bon bureau (mon niveau de grec ne m'aide pas vraiment à identifier le lieu où je me trouve). Lorsque mon tour vient, je tente l'anglais. La fille ne comprend rien, alors « Erasmus ». Bingo ! Elle me regarde et répond : « Erasmus ? » Je fais oui de la tête. Elle me fait rentrer dans un bureau, me redemande « Erasmus ? » Trois fois oui, je vais pas changer d'avis ! Au bout de dix minutes se pointe la seule personne du bureau qui parle un peu anglais. On commence la paperasse... et devinez quoi ? C'est encore le bordel, trois bureaux et trois personnes me sont affectés, je me demande : « Ont-ils jamais vu un étudiant étranger ? » Je n'en ai pas l'impression. Un petit réconfort, j'ai droit à un grand sourire à chaque fois qu'une étudiante entre dans le bureau, l'attrait de l'exotisme certainement... Je ressors une heure plus tard avec des papiers, un autre bureau à aller voir à l'autre bout de la ville et aucune information si ce n'est l'adresse mail de ma coordinatrice. On progresse, même si c'est à petits pas... Bientôt je saurais peut-être quand les cours commencent. En attendant, c'est toujours un peu les vacances.
Mercredi soir, à la soirée Erasmus, j'ai revu « Miss psychology » (j'ignore son nom). Elle devrait être avec moi en psychologie et paraissait désemparée : aucune information, si ce n'est que les cours seront en grec et toujours pas de liste de cours... Elle me dit : « Je peux écrire en français, espagnol, allemand et anglais, mais pas en grec ! » Ah ouais... On se sent tout à fait nul en langues face à tous ces multilingues...
Rendez-vous mardi pour la suite...
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