Voilà qui est fait : l'inscription est terminée, les cours choisis et tous les papiers signés. Les cours commencent lundi et seront donnés... En grec ! Autant vous dire tout de suite que mon niveau ne suit pas, aussi, d'après ma coordinatrice, j'aurai des dossiers ou mini-mémoires à rendre pour mon évaluation. Ce qui est gênant, c'est que je ne suivrai pas les cours et que donc j'aurai peu d'occasions de rencontrer mes collègues futurs psychologues grecs. En attendant je tente de contacter une fille autrichienne, Erasmus elle aussi, qui est également inscrite en psychologie, histoire d'échanger un peu en english avec quelqu'un.
Pour nos amis psychologues, j'ai également trouvé un demi-stage de 40h au total, auprès d'une psychologue... comportementaliste (j'entends d'ici vos « ouh ! » plein de haine). Dieu merci, elle est francophone et intervient au lycée français d'Athènes. Après un échange de mails au service des stages d'Angers, il paraît que je dois récupérer ma convention ici même, ce qui, à mon avis, ne va pas être simple. J'aurai peut-être ma petite revanche lorsque j'aurai le plaisir d'envoyer une convention rédigée en grec à Angers, j'imagine d'ici leur tête... Héhé !
Quant à Marie, elle a besoin d'un certificat médical pour pouvoir travailler. Nous nous sommes donc rendus chez un médecin francophone dont le cabinet se trouve à Kolonaki, le quartier chic d'Athènes. Combien vous dois-je pour la consultation ? 50 euros... Ah oui, quand même !
Aujourd'hui, jour de grève générale, nous sommes sortis pour nous balader dans un parc pas loin de la place Victoria. A peine avions-nous marché cent mètres que nous fûmes interpelés en grec par un type qui n'avait rien d'un gars méchant. Il recommence son speech en anglais. Il est étudiant en cinéma et cherche des personnes pour figurer dans un projet de roman-photo. Avons-nous le temps ? Rien ne presse donc on accepte volontiers. Lui, c'est Dimitris, voici Alex, Georges et une fille, qui parle un peu français, dont j'ai oublié le prénom. L'idée est qu'il y a un type mort, allongé sur le sol et que quelques personnes s'arrêtent autour de lui. Quelqu'un appelle les secours et un docteur intervient. Après le constat du décès, le médecin pose un drap sur le corps du défunt et nous invite tous à prier. Ensuite, prenant la pose d'un magicien le médecin soulève le drap et hop ! Des pigeons qui s'envolent. Bon, je sais, ca ne paraît pas palpitant mais on s'est bien poilé. Les passants s'arrêtaient, interloqués, certains demandant même si nous avions besoin d'aide. On passa une bonne heure à poser de différentes façons avant que la séance ne prenne fin. (voir la photo témoignant la "scene du crime")
Gentiment, Dimitris nous a proposé de nous offrir un café en guise de remerciement. Nous avons accepté et nous sommes allés prendre un verre dans un bar de la place Victoria. Il nous montre au passage certains bâtiments remarquables et surtout l'unique horloge de tout Athènes. Et oui, selon lui, il n'y a qu'un seul immeuble sur lequel est installée une horloge... Voilà peut-être la raison pour laquelle les grecs ne sont pas à l'heure;-) Il paraît plutôt cultivé. Il adore la France et aurait voulut y vivre sous Léon Blum ou en mai 68.
Bien installés autour de la table nous discutons, de la Grèce, de la France, de l'Europe, on compare. Ici, les gens ne respectent pas la loi nous dit-il et cela semble vraiment l'énerver. L'Europe ? C'est un sujet qui a l'air très discuté par ici. Les gens que nous avons pu rencontrer ne semblent plus y croire, en tout cas sous sa forme actuelle, économique et financière. Pourtant, ils espèrent beaucoup, mais pas cette Europe justement, une Europe humaine et lorsque je leur parle de sentiment européen chez les jeunes, ils sont d'accords, une certaine Europe existe de facto, au-delà du libre échange, qui s'accompagne d'une sorte de double identité : Européen et grec, européen et français. Bref, nous échangeons et cela est très enrichissant. On se rend compte qu'ailleurs, c'est toujours mieux, d'où que l'on vienne.
Nous nous quittons avec de larges sourires, d'aimables remerciements et l'espoir, si le destin le souhaite ainsi, de nous croiser à un coin de rue ou bien à une soirée. Des rencontres comme celles-là, vraies, directes, humaines tout simplement, on en reprendrait bien un peu chaque jour.
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